samedi 7 avril 2012

Chapitre 1 -Nina Von Harpel -








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Chapitre 1


-Nina Von Harpel -




 L’orage grondait en dehors ce soir là. Je m’en souviens comme si c'était hier. C’était l’année 
de mes quatorze ans. J’avais veillée toute la soirée devant la cheminée de notre immense villa, le visage pâle, les yeux rivés sur les flammes, en me demandant quand est-ce que cette torture allait cesser. Chaque tic et tac de l’horloge mural me rendait de plus en plus nerveuse. Quelle heure était-il? Comment le saurais-je. Je fermais les yeux, puis commençait à prier. Prier pour que ce cauchemar s'arrête enfin, prier pour que notre vie redevienne comme avant. Comment allait elle? Pensait elle à moi? Ces interrogations se bousculaient dans ma tête, si bien que j'avais l'impression que j'allais imploser.
Un son familier mit fin à mes questionnements. Le téléphone sonnait. J’attendais ce moment depuis longtemps, mais en même temps, je le redoutais plus que tout.
«- Allô? dis-je d’une voix à peine audible.
-Nina … C’est papa. L’état de ta mère se dégrade, je viens tout de suite te prendre!»
L’inquiétude que je sentais dans sa voix me déclencha un torrent de larmes.
Il y a quatre jours, maman a eu un grave accident. Une voiture est entrée en collision avec la sienne. A présent, elle ne se réveille plus. Les parties de son corps étaient si abîmés qu’il a fallut songer à des greffes en tout genre. Cela me terrorisait. C’est pour cette raison que je n’allais pas la voir à l’hôpital. Je me sentais si inutile, de ne pas pouvoir la soutenir dans sa lutte contre la mort. Je me sentais si inutile, à rester à la maison et à pleurer en pensant à elle. Je mis mon manteau et regardais à travers la fenêtre du salon. Oui. L’orage grondait en dehors ce soir là. Je m’en souviens comme si c'était hier. Le soir où maman fût emportée par la mort.












vendredi 6 avril 2012

- Scott Nolan -




    - Scott Nolan -



 J’ai appris quelques jours plus tard que la mère de Nina avait succombé à ses blessures. Depuis ce fameux soir où elle apprit la nouvelle, Nina s’était refermée sur elle-même. Elle ne mangeait plus, elle ne parlait plus, elle ne souriait plus. Je pris le risque de lui proposer un rendez-vous ce jour là. Cependant, elle refusa, et raccrocha. Déçu, je reposais le téléphone, et poussait un long soupir de désespoir. Je m’affalais sur le sofa, comme à mon habitude et écoutait le chant de la mer. Cette douce mélodie me fit vagabonder dans mes pensées, et c’est ainsi que je me remémorais mon enfance. Une enfance plutôt heureuse au départ, d’après les fragments de souvenirs qu’il me restait. Je me rappelais de maman, souriante, toujours accroché à papa. Maman était belle, comme toujours. Elle avait de long cheveux blond, un teint de poupée, et un sourire joyeux. Elle était très heureuse avec papa et elle ne s’empêchait pas de le dire.

Elle était l’héritière d’une fortune assez importante, étant donné que son père avait lui-même hérité de l’entreprise. Maman m’emmenais toujours au grand carrousel situé au centre de son propre centre commercial. Elle me disait toujours que j’étais le plus heureux des enfants, et que j’avais énormément de chance d’être à ma place. A cela, elle ajoutait toujours que nous étions une famille très heureuse, qui risque de s’agrandir. Elle aurait surement eût entièrement raison si Papa n’avais pas été frappé par le cancer. Cette maladie ne lui laissa aucune chance de survie. Papa mourus aussi rapidement qu’il venu au monde. Maman, effondrée ne se remis que très tard de son décès. Son deuil dura plus longtemps que la norme, elle sombrait dans l’alcool, la drogue, le vice. Cette descente aux enfers s’accompagna d’une fausse couche.

 L’entreprise allait mal, et c’est pour cette raison que mon grand-père lui retirait le droit d’exercer, et attendait que je grandisse, pour prendre les commandes de son empire, ou que maman se remette en marche.
A présent, du haut de mes dix neuf ans, je me demandais quand est ce que ce jour allait arriver. Je sorti de mes pensées et levais la tête vers la vieille photo de famille.
«- Bah! Disais-je. Cela attendra, ce n’est pas pour tout de suite. Tu n’es pas si vielle que ça.»




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jeudi 5 avril 2012

- Alice Cooper -






- Alice Cooper -


 Nina Von Harpel, lauréate du concours de chimie. Ou encore Nina Von Harpel, premier prix du tournois d’équitation…
«-Je peux vous la faire à toutes les sauces.» Se dit Alice Cooper en regardant avec dédain l’étagère ornée de diplômes de sa demi-sœur. Elle parcouru des yeux: Prix de beauté, d’éloquence, d’équitation, de cuisine…
Elle détourna les yeux, écœurée par cette armée de ruban coloré, de coupe, de diplômes, de souvenirs.
«- La maison te plait?» demanda Rich Von Harpel avec son sourire bienveillant.
Alice ne sût quoi répondre. Cet homme la gênait. Ce fût peut être à cause de sa politesse sans limite, ou alors parce qu’il était infiniment plus riche qu’elle et sa famille, fraichement débarquée dans le quartier, ou peut être parce qu’il avait mit au monde une espèce de fille-prodige, avec laquelle elle était incapable de rivaliser. Le tout formait un cocktail assez répugnant aux yeux de la jeune fille.
«- Ouais.» répondit-elle simplement. Elle se retourna, et, comme une ingrate, se servit copieusement une assiette de tarte, sans que personne ne lui propose.
Alice Cooper ne venait pas du quartier. Elle a grandit dans le nord de la ville, autrement dit, le quartier pauvre. Sa mère, mannequin en fin de carrière, faisait de son possible pour garder les économies que son horrible époux consommait en jeux, en alcool, et prostitués. La jeune fille avait passé quatorze années de sa vie dans cet HLM pourrit, qu’elle partageait avec les trois autres membres de sa famille, bien qu’ils furent toujours absents.

Son frère avait deux ans de plus qu’elle. C’était une espèce de garçon frustré qui ne parlait jamais. Il était assez inintéressant. Sa seule passion était de peindre les belles choses, c’était la seule et unique chose qu’il aimait faire. Il éprouvait depuis l’enfance une haine féroce envers sa famille, qu’il montrait chaque jour à travers des regards remplis de méchanceté.
Lorsque Alice eût terminé de faire le plein, elle songea au soir où sa mère eût le courage de quitter son père. Cette nuit là, il revint de sa soirée arrosée et fût mécontent de ne pas retrouver à son retour son épouse.
«-Elle est où?» demanda t-il entre deux gorgées d’alcool.
La jeune fille eût à peine le temps de répondre qu’un poing cogna violemment son visage. Elle se retrouva au sol, tremblante.
« -Appelle-là!» répondit-elle en se relevant.
Alice, les larmes au yeux, jeta un regard dédaignant destiné à son géniteur.


Nikky Cooper, née Ritshburn discutait aisément avec un homme qu’elle avait croisé à plusieurs soirées mondaines. Rich Van Halen. Cet homme était un prodige dans le milieu architectural , une vraie mine d'or selon elle. Rich représentait son idéal, l'homme avec qui elle aurait du partager sa vie. A ce moment précis, elle se trouvait à l’autre bout de la ville, devant le somptueux buffet qu’offrait l’hôtel en honneur de son départ du monde de la mode.
«- Oh Rich, vous êtes un ange, vraiment. J’ai rarement rencontré des hommes comme vous. Je suis ravie.
- De même ma chère Nikky. Ne plus pouvoir vous voir défiler sur le podium est un immense regret pour moi.»

 Une sonnerie de téléphone mit fin à cette conversation. Le seul fait de voir le nom de son époux affiché sur le petit écran lui suffit pour s’éclipser discrètement de sa réception. Avant cela, elle prit une serviette en papier sur laquelle elle écrivit son numéro de téléphone. Rich, enchanté, saisit ce présent et le glissa dans sa poche.


La porte de la maison s'ouvrit, laissant entrer un courant d'air glacial. Nikky apparue, vêtue de sa longue robe de soirée de seconde main. Elle passa devant les membres de sa famille sans leur adresser la parole. Son bras fût saisi violemment par son mari, qui la jeta au sol.
«- Lâche moi, tu me fais mal!» hurla Nikky en se débattant du mieux qu'elle pouvait.
Alice regardait cette scène, impuissante. Elle craignait son père plus que tout étant donné que l'alcool le rendait violent. Alice n'intervenait jamais, de peur de finir couverte de bleus, comme sa mère, le soir où elle avait accidentellement fait tomber une assiette.
«- Tu laisse ces mômes crever comme des rats dans ce trou, et tu prétend être leurs mère. Tu me donne envie de vomir! Tu n'es jamais là pour eux, tu ne pense qu'à ta présence dans les soirées mondaines et toutes ces bêtises de riches! Tu me répugne!»

Sur ces paroles, il enserra la gorge de sa femme à l'aide de ses immense mains. Le corps de Nikky se raidit. A ce moment là, elle supplia du regard son fils ainé, Jess, qui paraissait être ailleurs.
Il éprouva un certain plaisir lorsqu'il remarqua le visage déformé par la douleur de sa mère.
Nikky tendit la main à la recherche d'une chose quelconque, pouvant servir d'arme. Elle saisit le premier objet venu, qui s'avérait être une bouteille vide. Avec le peu de force qui lui restait, elle porta un coup sur la tête de son horrible époux, qui tomba sur le côté en hurlant de douleur tandis qu'elle s'empressait de s'éloigner du danger.
«- Je vais porter plainte. dit Nikky, essoufflée. Je vais aussi demander le divorce.»
Sur ces mots, la mère d'Alice quitta les lieux.
« - Attend Maman! Attend, je viens avec toi! Je te promet … Je te promet que je serais sage, s'il te plait prend moi avec toi, ne me laisse pas je t'en supplie!»
Nikky repoussa sa fille qui tomba sur le goudron gelé.
«- Lâche-moi, toi.» dit-elle sèchement.
Alice se releva, tremblante, les larmes au yeux. Elle ne vit que la voiture de sa mère, s'éloignant dans la nuit. La jeune fille se sentie alors très seule. Ce sentiment de trahison, d'abandon qu'elle connaissait par cœur revenait à nouveau. Elle ne pu se retenir davantage. C'était trop pour elle. Pour la première fois depuis longtemps, Alice pleurait.








mercredi 4 avril 2012

Chapitre 2 - Nina Von Harpel -

















Chapitre 2

-Nina Von Harpel -


 Les années passèrent. Mes larmes avaient séchées, je tentais de retrouver la joie de vivre, du mieux que je pouvais. Je connu des jours heureux, oui. Quatre ans après la mort de maman, mon père, Rich se remaria avec une dame charmante, répondant au nom de Nikky. Je l'aimais beaucoup, elle faisais de son mieux pour combler le manque d'un amour maternel. En vue de sa situation stable, elle prit la décision de faire emménager son fils et sa fille, Jess, et Alice.
Et c'est ainsi que nous y sommes. Ce jour où si naïvement, je couru en quelque sorte dans la gueule du loup. Ce jours où je fis sa connaissance.


Je descendais vers le salon en prenant soin de ne pas rayer le bois vernis des escaliers. Ils étaient là. Tous. J'entendais leurs rire, mêlée à de la gêne. La voix d'Alice me plu aussitôt. Elle étais douce, polie, bienveillante. J'avais si hâte de faire sa rencontre.
 « -Tiens mais qui voilà ! S'exclama mon père en levant sa tasse de thé. C'est ma princesse à moi !» D'un regard insistant, je lui ordonnais de cesser de me faire honte, il comprit, éclata de rire. Ma belle-mère se tenait à ses côtés, radieuse, comme toujours. Elle semblait heureuse de retrouver ses enfants, Alice et Jess.       


Mon regard se posa sur ces derniers. Blouson deux fois trop grand pour elle, déchiré, basket Nike boueuses, abîmées. Son frère, habillé de la même manière se tenait dans un coin, silencieux, l'air pensif.
 « -Enchantée, je m'appelle Nina ! Dis-je dans un sourire. Je suppose que tu es Alice. Je suis ravie de faire ta connaissance !» Je tendais ma main, quant à elle, elle semblait hésitante.
 «-Salut … répondit-elle dans un murmure.» Je me tournais vers Jess, et lui adressa mon plus beau sourire.
 « -Enchantée Jess !»
 Il soupira, me bouscula, puis sorti de la maison.
 « -Oh là là, je suis tellement navrée ! Ce gosse n'a vraiment aucune éducation.» On ne fit pas attention au à Jess, puisqu'Alice nous assurait que son comportement ne changerais pas. Nikky posa sa main sur l'épaule de sa fille pour la mettre à l'aise.
 « - Ma chérie, elle, c'est Nina, elle viens d'avoir dix-huit ans la semaine dernière. Vous devriez bien vous entendre puisque vous n'avez qu'un seul ans d'écart. Nina, ma puce, tu veux bien l'aider à s'installer?» J'acquiesçais puis fis signe à ma demie sœur de me suivre. Ses chaussures en caoutchouc couinaient à chacun de ses pas, laissant une trainée boueuse sur notre précieux escalier. J'étais étonnée, n'étant jamais confrontée à ce type de situation. Elle venait d'un milieu défavorisé, en vue de ses vêtements et les marques de saleté sur ton visage noircis, ainsi que ses cheveux gras, lâchement noués à l'aide d'un vieil élastique. Quant à moi, je n'ai rien connu d'autre mis à part un père affectueux, des maisons de vacances, ainsi que des vêtements à volonté. Il fût décidé qu'elle et moi partagerions la même chambre. La pièce étais rénovée, couleur pastelle, spacieuse. Je vit le visage d'Alice s'illuminer lorsqu'elle pénétra dans son dortoir.
 «- Putain ! S'exclama-elle. Ça déchire, j'ai jamais rien vu de tel.»
 Elle m’expliqua qu'elle n'avais jamais dormi dans un vrai lit, mais plutôt dans des semblants de matelas, dans une pièce qu'elle devait partager avec les trois autres membres de sa famille. J’eus du mal à imaginer une chose pareille. Je lui tendais un T-shirt neuf, en lui proposant de se changer. Elle le prit, le jeta sur son lit.
 «- Non, je veux pas mettre ça. Dis-elle en courant vers ma penderie. Ouah, tout ces vêtements sont à toi?
 - Oui, mais maintenant ils sont aussi à toi. Répondais-je, aimable.
 Elle fouilla pour chercher la perle rare, puis elle mit la maint sur ma robe de dentelle.
 - Je vais mettre ça. M'annonça-elle, fière de sa trouvaille. Cette robe étais spéciale pour moi, puisqu'il s'agissait d'un présent que Scott m'avait offert pour pour dix-huitième anniversaire. Je tentais de la dissuader de faire un tel choix.
 -Tu devrais mettre quelque chose de plus chaud, et puis, on ne va nulle part aujourd'hui tu n'est pas obligée de t'habiller comme ça...
 - Tu te prend pour qui? Ma mère? me coupa-elle. C'est pas toi qui disait à l'instant que ces fringues étaient désormais aussi les miennes? Je met ça, c'est tout.»
 Elle arracha ma robe de son cintre, jeta son blouson rose déchiré sur son lit, puis commença à se déshabiller.