-Nina
Von Harpel -
L’orage grondait en dehors ce soir là. Je m’en souviens comme si
c'était hier. C’était l’année
de mes quatorze ans. J’avais veillée toute la soirée devant la cheminée de notre immense villa, le visage pâle, les yeux rivés sur les flammes, en me demandant quand est-ce que cette torture allait cesser. Chaque tic et tac de l’horloge mural me rendait de plus en plus nerveuse. Quelle heure était-il? Comment le saurais-je. Je fermais les yeux, puis commençait à prier. Prier pour que ce cauchemar s'arrête enfin, prier pour que notre vie redevienne comme avant. Comment allait elle? Pensait elle à moi? Ces interrogations se bousculaient dans ma tête, si bien que j'avais l'impression que j'allais imploser.
de mes quatorze ans. J’avais veillée toute la soirée devant la cheminée de notre immense villa, le visage pâle, les yeux rivés sur les flammes, en me demandant quand est-ce que cette torture allait cesser. Chaque tic et tac de l’horloge mural me rendait de plus en plus nerveuse. Quelle heure était-il? Comment le saurais-je. Je fermais les yeux, puis commençait à prier. Prier pour que ce cauchemar s'arrête enfin, prier pour que notre vie redevienne comme avant. Comment allait elle? Pensait elle à moi? Ces interrogations se bousculaient dans ma tête, si bien que j'avais l'impression que j'allais imploser.
Un son familier mit fin à mes questionnements. Le téléphone
sonnait. J’attendais ce moment depuis longtemps, mais en même
temps, je le redoutais plus que tout.
«- Allô? dis-je d’une voix à peine audible.
-Nina … C’est papa. L’état de ta mère se dégrade, je viens
tout de suite te prendre!»
L’inquiétude que je sentais dans sa voix me déclencha un torrent
de larmes.
Il y a quatre jours, maman a eu un grave accident. Une voiture est
entrée en collision avec la sienne. A présent, elle ne se réveille
plus. Les parties de son corps étaient si abîmés qu’il a fallut
songer à des greffes en tout genre. Cela me terrorisait. C’est
pour cette raison que je n’allais pas la voir à l’hôpital. Je
me sentais si inutile, de ne pas pouvoir la soutenir dans sa lutte
contre la mort. Je me sentais si inutile, à rester à la maison et à
pleurer en pensant à elle. Je mis mon manteau et regardais à
travers la fenêtre du salon. Oui. L’orage grondait en dehors ce
soir là. Je m’en souviens comme si c'était hier. Le soir où
maman fût emportée par la mort.


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