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Alice Cooper -
Nina Von Harpel, lauréate du concours de chimie. Ou encore Nina Von
Harpel, premier prix du tournois d’équitation…
«-Je peux vous la faire à toutes les sauces.» Se dit Alice Cooper
en regardant avec dédain l’étagère ornée de diplômes de sa
demi-sœur. Elle parcouru des yeux: Prix de beauté, d’éloquence,
d’équitation, de cuisine…
Elle détourna les yeux, écœurée par cette armée de ruban coloré,
de coupe, de diplômes, de souvenirs.
«- La maison te plait?» demanda Rich Von Harpel avec son sourire
bienveillant.
Alice ne sût quoi répondre. Cet homme la gênait. Ce fût peut être
à cause de sa politesse sans limite, ou alors parce qu’il était
infiniment plus riche qu’elle et sa famille, fraichement débarquée
dans le quartier, ou peut être parce qu’il avait mit au monde une
espèce de fille-prodige, avec laquelle elle était incapable de
rivaliser. Le tout formait un cocktail assez répugnant aux yeux de
la jeune fille.
«- Ouais.» répondit-elle simplement. Elle se retourna, et, comme
une ingrate, se servit copieusement une assiette de tarte, sans que
personne ne lui propose.
Alice Cooper ne venait pas du quartier. Elle a grandit dans le nord
de la ville, autrement dit, le quartier pauvre. Sa mère, mannequin
en fin de carrière, faisait de son possible pour garder les
économies que son horrible époux consommait en jeux, en alcool, et
prostitués. La jeune fille avait passé quatorze années de sa vie
dans cet HLM pourrit, qu’elle partageait avec les trois autres
membres de sa famille, bien qu’ils furent toujours absents.
Son frère avait deux ans de plus qu’elle. C’était une espèce
de garçon frustré qui ne parlait jamais. Il était assez
inintéressant. Sa seule passion était de peindre les belles choses,
c’était la seule et unique chose qu’il aimait faire. Il
éprouvait depuis l’enfance une haine féroce envers sa famille,
qu’il montrait chaque jour à travers des regards remplis de
méchanceté.
Lorsque Alice eût terminé de faire le plein, elle songea au soir
où sa mère eût le courage de quitter son père. Cette nuit là, il
revint de sa soirée arrosée et fût mécontent de ne pas retrouver
à son retour son épouse.
«-Elle est où?» demanda t-il entre deux gorgées d’alcool.
La jeune fille eût à peine le temps de répondre qu’un poing
cogna violemment son visage. Elle se retrouva au sol, tremblante.
« -Appelle-là!» répondit-elle en se relevant.
Alice, les larmes au yeux, jeta un regard dédaignant destiné à son
géniteur.
Nikky Cooper, née Ritshburn discutait aisément avec un homme
qu’elle avait croisé à plusieurs soirées mondaines. Rich Van
Halen. Cet homme était un prodige dans le milieu architectural , une
vraie mine d'or selon elle. Rich représentait son idéal, l'homme
avec qui elle aurait du partager sa vie. A ce moment précis, elle
se trouvait à l’autre bout de la ville, devant le somptueux
buffet qu’offrait l’hôtel en honneur de son départ du monde de
la mode.
«- Oh Rich, vous êtes un ange, vraiment. J’ai rarement rencontré
des hommes comme vous. Je suis ravie.
- De même ma chère Nikky. Ne plus pouvoir vous voir défiler sur le
podium est un immense regret pour moi.»
Une sonnerie de téléphone mit fin à cette conversation. Le seul
fait de voir le nom de son époux affiché sur le petit écran lui
suffit pour s’éclipser discrètement de sa réception. Avant cela,
elle prit une serviette en papier sur laquelle elle écrivit son
numéro de téléphone. Rich, enchanté, saisit ce présent et le
glissa dans sa poche.
La porte de la maison s'ouvrit, laissant entrer un courant d'air
glacial. Nikky apparue, vêtue de sa longue robe de soirée de
seconde main. Elle passa devant les membres de sa famille sans leur
adresser la parole. Son bras fût saisi violemment par son mari, qui
la jeta au sol.
«- Lâche moi, tu me fais mal!» hurla Nikky en se débattant du
mieux qu'elle pouvait.
Alice regardait cette scène, impuissante. Elle craignait son père
plus que tout étant donné que l'alcool le rendait violent. Alice
n'intervenait jamais, de peur de finir couverte de bleus, comme sa
mère, le soir où elle avait accidentellement fait tomber une
assiette.
«- Tu laisse ces mômes crever comme des rats dans ce trou, et tu
prétend être leurs mère. Tu me donne envie de vomir! Tu n'es
jamais là pour eux, tu ne pense qu'à ta présence dans les soirées
mondaines et toutes ces bêtises de riches! Tu me répugne!»
Sur ces paroles, il enserra la gorge de sa femme à l'aide de ses
immense mains. Le corps de Nikky se raidit. A ce moment là, elle
supplia du regard son fils ainé, Jess, qui paraissait être
ailleurs.
Il éprouva un certain plaisir lorsqu'il remarqua le visage déformé
par la douleur de sa mère.
Nikky tendit la main à la recherche d'une chose quelconque, pouvant
servir d'arme. Elle saisit le premier objet venu, qui s'avérait être
une bouteille vide. Avec le peu de force qui lui restait, elle porta
un coup sur la tête de son horrible époux, qui tomba sur le côté
en hurlant de douleur tandis qu'elle s'empressait de s'éloigner du
danger.
«- Je vais porter plainte. dit Nikky, essoufflée. Je vais aussi
demander le divorce.»
Sur ces mots, la mère d'Alice quitta les lieux.
« - Attend Maman! Attend, je viens avec toi! Je te promet … Je te
promet que je serais sage, s'il te plait prend moi avec toi, ne me
laisse pas je t'en supplie!»
Nikky repoussa sa fille qui tomba sur le goudron gelé.
«- Lâche-moi, toi.» dit-elle sèchement.
Alice se releva, tremblante, les larmes au yeux. Elle ne vit que la
voiture de sa mère, s'éloignant dans la nuit. La jeune fille se
sentie alors très seule. Ce sentiment de trahison, d'abandon qu'elle
connaissait par cœur revenait à nouveau. Elle ne pu se retenir
davantage. C'était trop pour elle. Pour la première fois depuis
longtemps, Alice pleurait.

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